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Dans notre précédent billet de blog, nous abordions la question de l’hébergement des données de la recherche pendant la phase de leur gestion active. Tandis que, dans la pratique, l’utilisation de solutions de stockage et de partage telles que Dropbox ou GoogleDrive est courante, nous avons mis en évidence que du point de vue de la protection des données, ces options ne sont pas optimales. Nous présentons dans ce billet les possibilités qui s’offrent aux chercheurs suisses en matière de stockage de données et d’outils de travail collaboratif. 

Vue d’ensemble des solutions suisses

On peut remarquer, en premier lieu, que parmi les universités suisses, toutes ne proposent pas encore des services en RDM (toutes ne faisant pas partie du projet national DLCM). D’autre part, parmi celles qui en proposent, les services offerts aux chercheurs pour la phase de gestion active des données (pendant la recherche) ne sont pas encore toujours complets. Seules les Universités de Genève, Lausanne et Zurich, ainsi que l’EPFL et l’ETHZ proposent des services suffisamment aboutis (sous forme de projet pilote à Zurich).

A propos du stockage de fichiers pendant la recherche, la plupart des institutions suisses utilisent SWITCHdrive, dont nous parlons plus bas. L’autre solution existante est le stockage dans le cloud privé des institutions, fonctionnant généralement sur un NAS, comme c’est le cas à l’EPFL et aux Universités de Lausanne et de Genève. Les étudiants et les chercheurs de l’ETHZ, quant à eux, disposent de polybox, la plateforme de stockage et de partage interne de l’Ecole.

Pour ce qui est des recommandations de ces mêmes institutions concernant le partage de fichiers, on peut noter qu’on en trouve peu, voire pas du tout. Les services de partage proposés par certaines universités ne regardent que le partage des données après la recherche.

SWITCHdrive

Après avoir abandonné Dropbox et Google Drive, nous nous sommes dirigées vers Switchdrive pour stocker et partager nos données, ainsi que pour collaborer sur la rédaction de documents communs. Nous avons commencé par utiliser la plateforme online, puis l’avons installée en local sur nos ordinateurs, ce qui permet de télécharger plus rapidement les documents dans le dossier partagé.

Les avantages de Switchdrive reposent essentiellement sur l’espace de stockage et le niveau de sécurité lié à la localisation des serveurs. En effet, Switchdrive offre 50 Go de mémoire à tous les membres des hautes écoles et universités. Pour en profiter, il suffit d’avoir un identifiant Switch AAI, au moyen duquel on peut obtenir un Switch edu-ID, identifiant qui permet de se créer un compte sur Switchdrive.

Par ailleurs, cet outil a été créé par SWITCH, une fondation qui travaille en partenariat avec le réseau académique suisse. Toutes les données stockées sur Switchdrive sont enregistrées dans des centres de données de SWITCH, tous situés en Suisse (Lausanne et Zurich), et connectés au réseau des institutions académiques. Cela implique que la législation en vigueur pour la protection des données déposées sur Switchdrive est celle de la Suisse (LPD), très restrictive en matière d’accès aux données personnelles, et de leur utilisation commerciale.

Pour finir sur un aspect un peu plus technique, il est à noter que Switchdrive permet de restaurer des dossiers supprimés ou perdus jusqu’à 180 jours en arrière. Cette caractéristique n’est pas superflue, notamment dans le cas d’un travail de recherche en équipe où tous les membres ont accès aux dossiers partagés, et peuvent les modifier ou les supprimer.

Cependant, nous avons remarqué que Switchdrive présente également quelques inconvénients : il n’est en effet pas encore possible de travailler en simultanéité sur les mêmes documents, ce qui peut entraîner des conflits de fichiers lors de leur enregistrement, et le chargement, ainsi que la suppression d’une quantité importante de données peuvent être lents.

Toutefois, pour une institution qui ne possède pas son propre cloud, comme la HES-SO, SWITCHdrive apparaît comme la solution la plus adaptée pour gérer des fichiers de données et des documents durant la phase active de la recherche.

Le point sur le partage

Nous avons vu au début de ce billet que le partage des données était la plupart du temps entendu comme partage des données déposées dans des dépôts en Open access, dernière phase du modèle du Data Continuum d’Andrew Treloar (2007). Ce modèle représente le cycle de vie des données sur un axe qui comprend trois phases : celle du partage des données au sein de l’équipe de recherche, celle, intermédiaire, de la collaboration entre des acteurs de différentes institutions, et celle de la sphère publique, où, la recherche ayant été publiée, les données deviennent, si possible, accessibles à tous.

treloar

Les services de partage proposés aux chercheurs par les universités ne concernent que le partage des données après publication. Celui qui a lieu lors des deux premières phases du modèle mériterait d’être également pris en considération.

Bibliographie et webographie

DLCM | Data Life Cycle Management, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 27 juin 2017]. Disponible à l’adresse : https://www.dlcm.ch/

Données de recherche – Research Data – UNIGE, 2016. [en ligne]. [Consulté le 3 novembre 2017]. Disponible à l’adresse : http://www.unige.ch/researchdata/fr/

GALLUCCIO, Antonio, 2017. Cloud services for students. Blog ProjektNeptun [en ligne]. [Consulté le 01.11.2017]. Disponible à l’adresse : http://www.projektneptun.ch/fr/blog/cloud/

Loi fédérale sur la protection des données (LPD; 235.1). Les autorités fédérales de la confédération suisse [en ligne]. 19 juin 1992. Mis à jour le 1er janvier 2014. [Consulté le 01.11.2017]. Disponible à l’adresse: https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19920153/index.html

polybox, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 31 octobre 2017]. Disponible à l’adresse : https://www.ethz.ch/services/en/it-services/catalogue/storage/polybox.html

ResearchData | EPFL, [sans date]. [en ligne]. [Consulté le 3 octobre 2017]. Disponible à l’adresse : https://researchdata.epfl.ch/

ROBYR, Julien, NAGUIB, Michel, 2014. Cloud service – enabling sharing and synchronization of data. News Information Systems [en ligne]. [Consulté le 01.11.2017]. Disponible à l’adresse : https://actu.epfl.ch/news/cloud-service-enabling-sharing-and-synchronization/

SWITCH, 2017. Ensemble vers de plus de performance, de confort et de sécurité dans le monde numérique. SWITCH [en ligne]. [Consulté le 01.11.2017]. Disponible à l’adresse : https://www.switch.ch/fr/about/foundation/

SWITCH, 2017. Switchdrive, The academic cloud storage service. SWITCH [en ligne]. [Consulté le 01.11.2017]. Disponible à l’adresse: https://www.switch.ch/fr/drive/

TRELOAR, Andrew, GROENEWEGEN, David et HARBOE-REE, Cathrine, 2007. The Data Curation Continuum: Managing Data Objects in Institutional Repositories. D-Lib Magazine [en ligne]. septembre 2007. Vol. 13, n° 9/10. [Consulté le 9 juillet 2017]. DOI 10.1045/september2007-treloar. Disponible à l’adresse : http://www.dlib.org/dlib/september07/treloar/09treloar.html

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