Les métadonnées, ou l’art de la description

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La plupart des chercheurs ne mettent pas en place une stratégie pour la gestion des données de leur recherche, alors que le Data Management Plan (DMP) devient obligatoire. La description des données est au cœur de ce dernier et exige la précision. Qu’est-ce qu’une donnée de recherche? Qu’est-ce qu’une métadonnée et existe-t-il un standard de description? Sous le prisme de notre projet de recherche, nous essayons ici d’élucider ces interrogations. Lire la suite

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To cloud or not to cloud? – Du choix d’une solution sécurisée en matière de stockage des données d’une recherche en cours

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Dans le cadre de notre projet de recherche de Master, nous évaluons des outils open source pour la gestion des données de la recherche. Dans le domaine de la recherche comme dans celui de la vie privée, stocker des données dans le cloud est en passe de devenir la norme. Ce système comporte de nombreux avantages : disponibilité des données, élasticité des espaces de stockage, synchronisation, travail collaboratif, ou encore accessibilité1. Alors que l’utilisation de la plupart des outils en ligne disponibles sur le marché implique un stockage dans le cloud, nous nous sommes aperçues en consultant les politiques de confidentialité qui s’y rapportent qu’il est souvent bien difficile d’identifier où ces données sont hébergées. L’une des conditions de notre mandat est que les données traitées par les outils évalués soient hébergées en Suisse. Nous nous sommes ainsi demandé quel était l’avantage de garder ses données de recherche dans notre pays, plutôt que sur une plateforme hébergée hors de notre territoire.

Nous retraçons dans ce billet notre propre expérience d’étudiantes, et y abordons certains risques du stockage dans le cloud.

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Data management plan : un avenir pour les données de la recherche

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Faisant suite à cet article, publié dans ces colonnes qui décrit notre projet de recherche,  nous allons nous pencher sur la problématique de la gestion des données de la recherche dans le cadre de notre mandat. Qu’avons-nous prévu de faire avec les données que nous produirons durant notre recherche et comment est-il possible d’en faire une gestion adéquate ?

Nous avons créé un plan de gestion des données ou un « Data Management Plan » (DMP) en nous inspirant du modèle en vingt questions imaginé par David Shotton. Ainsi, nous disposons d’un outil qui gouverne le cycle de vie de nos données dès leur création.

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Un DMP? Pour quoi faire?

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Le Data Management Plan (DMP), ou plan de gestion des données, fait parler de lui dans la communauté scientifique. S’inscrivant dans le mouvement de l’Open Science et requis par certains bailleurs de fonds lors de la soumission d’une requête, il est en passe de devenir incontournable. Pour les chercheurs, enthousiastes ou frileux, le temps n’est plus à l’indifférence.

Mais de quoi parle-t-on au juste? Quelle application d’un DMP peut-on faire dans le cadre d’une recherche menée par des étudiants de Master? Quels en seront les apports concrets?

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L’oiseau bleu en Suisse : les données de recherche dans le cadre du projet Helve’Tweet

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Depuis quelques années, le milieu de la recherche fait face à une nouvelle problématique : que faire des données produites ? Le Big Data rajoutant un paramètre de taille, celui du volume des données, que garder, où et comment ?

Réalisé pour le module « projet de recherche » du Master SI, Helve’Tweet est le successeur de GEoTweet, un projet réalisé lors de la volée précédente. L’objectif de Helve’Tweet est de mener une recherche exploratoire et statistique sur un corpus d’un million de tweets géolocalisés en Suisse. Après la rédaction d’un cahier des charges afin de formaliser et planifier le projet, une réflexion autour des données a été menée et formalisée sous forme de Data Management Plan. Lire la suite

20 questions pour la gestion des données

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La gestion des données de la recherche pose de nombreuses questions. Ce billet est pour nous l’occasion de décrire les informations principales renseignées dans un data management plan (DMP) : quelles seront les données collectées durant notre projet de recherche ? De quelle manière souhaitons-nous les partager avec le reste de la communauté scientifique ? Enfin, comment envisageons-nous leur gestion et leur archivage ?

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Enrichissement des dépôts institutionnels suisses : évaluation de la proportion d’articles en texte intégral disponibles et développement de stratégies d’acquisition automatique

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Un contexte

Dans le cadre du master en Sciences de l’Information que nous suivons actuellement à la HEG, nous avons été mandatés pour effectuer un travail de recherche d’une durée d’une année dans un des nombreux domaines relatifs à notre champ d’études.

Débuté en mars 2017, le rendu final du projet est arrêté pour le mois de janvier 2018, et les premiers résultats seront présentés sous forme d’un poster, le 14 décembre 2017, lors d’une session idoine.

Parmi une vingtaine de mandats différents, nous avons choisi de nous consacrer au projet de recherche proposé par le Professeur Patrick Ruch concernant le dépôt d’articles scientifiques, et plus particulièrement les archives institutionnelles suisses.

Les archives institutionnelles

En Suisse, la littérature produite par les chercheurs est généralement publiée sous forme d’articles chez des éditeurs commerciaux. Cependant, il existe aussi des dépôts d’articles au sein des institutions. Celles-ci ont pour vocation d’accueillir, de rassembler et de rendre disponible les publications écrites sous son toit. Il s’agit des archives institutionnelles. Malheureusement, toute la littérature produite dans ces institutions ne s’y trouve pas nécessairement.

Il en résulte plusieurs problèmes : d’une part, ces archives institutionnelles sont dépendantes de l’institution auxquelles elles appartiennent, donc morcelées sur le territoire Suisse, et seuls les établissements les plus fortunés peuvent avoir la chance d’en avoir une suffisamment développée. D’autre part, elles sont souvent incomplètes.

C’est pour ces raisons ainsi que pour s’aligner sur le modèle européen, qu’une stratégie nationale de l’Open Access vient d’être mise en place. Dans ce contexte, il est désormais indispensable de se pencher sur  la possibilité de créer une archive institutionnelle nationale et sa mise en application.

Le projet de recherche

Ainsi, le Professeur Patrick Ruch, nous mandate, afin de se pencher sur ce projet. Notre but est d’estimer et d’évaluer la quantité d’articles scientifiques disponibles dans les archives institutionnelles suisses, ainsi que de développer une stratégie automatique d’acquisition de notices bibliographiques et de texte intégral.

En effet, tous les articles financés par des fonds de recherche suisses sont nécessairement quelque part : dans d’autres sources, comme des archives ouvertes, des bases de données commerciales, des éditeurs etc…

L’idée est d’identifier et d’aller chercher les articles (ou leurs métadonnées) et de quantifier la proportion déjà présente dans les archives institutionnelles. Puis, à terme, proposer une méthode automatique afin de récolter informatiquement ces données. Bien sûr, nous devrons respecter les contraintes de droit d’auteur et d’embargo de publication sur certains articles.

Nous répondrons à trois questions de recherche pour arriver à ce but :

  1. Quelle est la proportion de publications produite par des chercheurs affiliés à des institutions suisses qui se trouve dans les archives institutionnelles suisses ?
  2. Comment identifier les articles issus de fonds de recherche suisse dans les sources internationales (archives ouvertes et plateformes commerciales) ?
  3. Quelle part de la publication suisse absente des archives institutionnelles peut être obtenue automatiquement depuis les sources internationales et comment en systématiser l’acquisition ?

Notre recherche, qui débute maintenant, portera en premier lieu sur l’identification et la description des ressources représentatives qui seront utilisées pour y quantifier les articles suisses. De cette manière nous serons à même de définir un panel à des fins de test de plusieurs dépôts institutionnels et de plusieurs sources internationales.

En second lieu, nous émettrons des recommandations sur l’identification automatique des articles de chercheurs affiliés à des institutions suisses dans des sources internationales et l’automatisation du moissonnage de notices.

Le data management plan

Une partie de cette recherche est également pour nous l’occasion de créer un Data Management Plan (DMP). C’est un outil qui nous permettra de structurer et de cadrer ce que nous allons faire des données de la recherche que nous produirons. Pour ce faire, nous nous poserons des questions concernant la description de nos données, la méthodologie de collecte des données, la méthode de curation des données sélectionnée, la sécurité et la confidentialité des données, le moyen de partage et d’accès aux données, et plus encore…

Nous proposerons donc une solution pour le management plan, ainsi qu’une solution pour l’archivage à court, puis à long terme.

Mais ce sujet à lui seul fera ultérieurement l’objet d’un article de notre part dans ces colonnes.

Elodie Schwob et Matthieu Putallaz

 

Master IS : la recherche en route !

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Les étudiants du Master IS débutent ce mois-ci leur projet de recherche qui s’achèvera début 2018 avec la publication de leurs résultats sous forme de mémoire de recherche. Un poster scientifique présentera le projet, sa méthodologie et les premiers résultats : la session de présentation aura lieu le 14 décembre 2017 à la HEG.

Il s’agit pour eux de mener à bien une recherche originale en sciences de l’information en produisant et communiquant des connaissances scientifiques nouvelles.

Cette année, la liste des sujets proposés aux étudiants était très variée : veille, gouvernance de l’information, risques informationnels, archives institutionnelles ou encore gestion des données de la recherche sont quelques-unes des grandes thématiques qui ont été choisies.

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Les projets de recherche dans le détail

Une évaluation de la qualité des métriques d’Alexa en webométrie posera aux étudiants la question de la transparence des données : peut-on avoir confiance dans les données d’Alexa.com ? Comment faire pour avoir des données normalisées et transparentes du web ?

Deux sujets concernant la veille interrogeront d’une part les sources (Twitter, Google News, Bing, etc.) et leur pertinence et d’autre part les outils de surveillance et leur recouvrement : quelles sources sont les plus pertinentes, bruitées ou encore couvrantes ? Quels outils de veille sont les plus performants pour couvrir un champ informationnel précis ?

Une étude sur cinq mois de tweets géolocalisés en Suisse proposera aux étudiants d’explorer ces données afin d’offrir une description quantitative globale de ces données et questionnera la signifiance de cette ressource et plus largement l’opportunité de l’archivage des tweets suisses.

Dans le cadre du projet « EU29 Information Governance Maturity in EU Public Administration » (InterPARES Trust), un groupe d’étudiants cherchera à connaître la perception de la gouvernance de l’information des gestionnaires de l’information dans les administrations publiques, en dressant notamment un état de l’art et en conduisant des entretiens.

La gestion des risques informationnels dans les organisations est devenue une compétence importante pour le professionnel de l’information. Afin de répondre aux enjeux à la fois technologiques et juridiques des risques informationnels, les étudiants offriront un état de l’art inédit qui permettra de définir et d’offrir une typologie des risques et des outils existants pour y faire face.

Au sein d’un projet de Swissuniversities, des étudiants interrogeront l’opportunité d’archives institutionnelles unifiées en acquérant des articles écrits par des chercheurs suisses à partir d’archives institutionnelles internationales. Tout en respectant les licences internationales, quelles seraient les possibilités d’accéder aux full-text directement à la source ?

Les institutions scientifiques suisses seront contraintes, à l’avenir, de mettre à disposition leurs données de la recherche. Dans ce contexte, un groupe d’étudiants cherchera à concevoir une chaîne des services internes utilisant une solution Open Source pour la curation des données tout au long du Data Life Cycle.

Afin d’offrir aux données de la recherche des identifiants pérennes pour en assurer une bonne citation, mais aussi la création d’identités de confiance, ce projet de recherche invitera les étudiants à établir un panorama comparatif et visuel des identifiants existants et à esquisser un modèle en respectant la particularité de la situation suisse.

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Exemple de poster scientifique de la saison 2015: « GEo Tweet: exploration des tweets géolocalisés à Genève »

Les étudiants posteront régulièrement sur ce blog des contributions qui feront état de leurs résultats, ainsi que d’une réflexion autour du Data Management Plan (DMP), la gestion active et l’archivage à long terme des données issues de leur projet.

L’ensemble de la filière leur souhaite bonne chance dans cet important travail et se réjouit de découvrir leurs premiers résultats!

Il faut cultiver notre jardin…de la connaissance

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« Knowledge Management » (KM) ou « Gestion des Connaissances » (GC), « avantage concurrentiel », « organisation 2.0 », « communautés de pratiques »… autant de concepts à 100 000 lieues (et deux siècles et demi) du lopin de terre de Candide (1). Et pourtant…

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L’entreprise, terreau du KM

Si certains appellent de leurs voeux une expansion des techniques du Knowledge Management hors de l’entreprise (2), il est indéniable que le KM s’est développé dans l’entreprise, pour l’entreprise et que cette dernière constitue son « habitat naturel ».

En effet, les premières publications sur le KM, parues dans les années 1990, sont tout naturellement tournées vers le secteur économique et concurrentiel. Ainsi, en 1994, T. Stewart s’adresse aux entreprises, les encourageant à se concentrer davantage sur ce qu’elles savent (« intellectual capital« ) et moins sur ce qu’elles possèdent (3).

L’ouvrage de référence de T. H Davenport et L. Prusak (1998) (3) se fonde lui-même sur l’observation d’une quarantaine de grandes entreprises (Boeing, Chrysler, Hewlet-Packard, Hoffmann-LaRoche, Monsanto…); c’est dans ce cadre que les deux auteurs nous livrent leur définition du KM: « the process of capturing, distributing, and effectively using knowledge« .

Progressivement, la connaissance s’impose comme une ressource interne essentielle de l’entreprise (approche Resource-Based View), valorisable, capitalisable et offrant un avantage concurrentiel certain. Reste à savoir la cultiver!

C’est le but du « KM au coeur de la stratégie d’entreprise » (4).

Le KM, engrais de l’entreprise

Comme le souligne A. Dudezert, la connaissance en entreprise a de nombreux visages. Elle peut être:

  • formalisée dans un document (stocké ou diffusé)
  • liée à l’individu et à sa pratique de travail (communautés de pratiques, annuaires, plateformes collaboratives, etc.)
  • la résultante d’interactions entre les individus (réseaux sociaux)

Sa complexité et son caractère largement tacite en font une ressource difficilement contrôlable; la GC consiste en réalité davantage à « agir sur [les] voies de circulation [de la connaissance] pour faciliter son développement« .

Vous ne pouvez pas faire grandir une plante en lui tirant sur les feuilles! ce que vous pouvez faire est de mettre en place un écosystème qui sera favorable à sa croissance, écrit E. Wenger (1999) (4).

A cette fin, l’entreprise est amenée à modifier son organisation, selon un modèle de « Knowledge Centric Enterprise« , ou « organisation 2.0 » qui s’intéresse de près « aux flux d’information de coordination ou de collaboration » (réseau social).

Dans un modèle complet de KM, tel qu’il a pu être expérimenté par la société Gemalto (4), une conjonction d’outils est mise en place pour:

  • renforcer l’efficacité du transfert des connaissances de base (cartographie des connaissances, blended learning, etc.)
  • favoriser l’autonomisation des employés (certification, coaching, etc.)
  • développer des « communautés de pratiques » (Wenger, 1991) (5), favorisant le partage d’expériences et de bonnes pratiques (best practices ou lesson learned)

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De grands groupes comme Air liquide ou Lafarge choisissent en outre de s’appuyer sur une université d’entreprise, chargée d' »accompagner leur transformation« , notamment dans le domaine du KM, et de « développer les savoirs« .

La diversité des supports de diffusion des connaissances, faisant une large part aux technologies 2.0, offre des possibilités immenses aux entreprises et s’adapte à leurs moyens et à leurs attentes (e-books, blogs, wikis, forums, réseaux sociaux d’entreprise, etc).

Mais toutes ces connaissances, l’entreprise doit d’abord être en mesure de les conserver; c’est ce que M. Roulleaux Dugage appelle la « mémoire d’entreprise » (4). Il identifie deux types d’action pour ce faire:

  • conserver les connaissances des collaborateurs (« People Revues« , tutorat, compagnonnage, animation de communautés techniques, etc.)
  • tirer profit de la mémoire des projets (bilans de fin de projet, études des projets passés, bonnes pratiques, etc.)

Cette masse de connaissances ne doit cependant pas se retourner contre l’entreprise qui la cultive…

Attention à la culture intensive!

Si le KM a pour objet de faciliter la conservation et la diffusion des connaissances dans l’entreprise, il ne faudrait pas que cette dernière se perde dans la jungle des outils existants ou ne croule sous la profusion des connaissances, de fait inexploitables.

Dans un article intitulé « Whatever happened to knowledge management? » (2015) (6), T. H. Davenport dresse un constat pessimiste. Selon lui, le KM est moribond (« knowledge management isn’t dead, but it’s gasping for breath« ). Il estime notamment qu’un trop grand volume de connaissances peut rendre le système inefficace.

Many people didn’t have the patience or time to find everything they needed. Ironically, the greater the amount of knowledge, the more difficult it was to find and use.


La connaissance de l’entreprise constitue sa véritable richesse, son « jardin secret ». Cultiver son savoir-faire est en effet crucial pour se démarquer des concurrents dans une économie toujours plus mondialisée.

Toutefois, « jardin secret » ne signifie pas repli sur soi; l’entreprise doit rester attentive à son environnement et s’en nourrir. Environmental scanning et competitive intelligence constituent ainsi de nouvelles perspectives pour le KM, qui reste un atout certain pour l’entreprise, lorsque le terrain est propice à son développement.


Bibliographie

1- VOLTAIRE, 1759. Candide ou l’optimiste. Paris: Bordas, 2003. Classiques Bordas. ISBN 2 04 730379-6

2- DUPUIS-HEPNER, Nathalie, 2012. Le Knowledge Management, accélérateur d’innovation sociale. In : DUDEZERT, Aurélie, ROULLEAUX DUGAGE, Martin, CHAUVIN, Frédéric, MARTIN, Frédéric, LEMIEUX, Edith, BOISSERPE, Patrick, et al., 2012. Le KM au coeur de la stratégie d’entreprise. Documentaliste – Sciences de l’Information. 2012/2. Vol. 49. Disponible à l’adresse: https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2012-2-page-26.htm

3- DAVENPORT, Thomas H. et PRUSAK, Laurence, 1998. Working Knowledge: how organizations manage what they know. Boston: Harvard Business School Press. ISBN 0 87584 655 6

4- DUDEZERT, Aurélie, ROULLEAUX DUGAGE, Martin, CHAUVIN, Frédéric, MARTIN, Frédéric, LEMIEUX, Edith, BOISSERPE, Patrick, et al., 2012. Le KM au coeur de la stratégie d’entreprise. Documentaliste – Sciences de l’Information. 2012/2. Vol. 49. Disponible à l’adresse: https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2012-2-page-26.htm

5- WENGER, Etienne et LAVE, Jean, 1991. Situated learning: legitimate peripheral participation. Cambridge: Cambridge University Press

6- DAVENPORT, Thomas H., 2015. Whatever Happened to Knowledge Management ?. The Wall Street Journal [en ligne]. 24.06.2015. Disponible à l’adresse: http://www.tomdavenport.com/wp-content/uploads/Whatever-Happened-to-Knowledge-Management.pdf

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Knowledge management et communautés de pratique : passion éphémère ou relation à long terme ?

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Jamais dans sa jeune existence, le knowledge management (KM) n’a été aussi étroitement associé à un autre concept que celui des « communautés de pratique » (CoP). Derrière cette expression se cache une idée qui a le défaut de n’être pas encore assez clairement définie. Malgré cette difficulté, les chercheurs italiens Bolisani et Scarso ont sondé une douzaine de revues spécialisées dans le KM pour clarifier la place que ces communautés de pratique occupent dans cette littérature spécialisée. Qu’ont-ils découvert ? Une définition plus précise des CoP se profile-t-elle ?

Naissance et évolution du concept

En 1991, le chercheur Suisse Etienne Wenger et sa collègue, l’anthropologue Jean Lave, inventent le concept de « communautés de pratique » (CoP)[1]. Mais au fait, les communautés de pratique, qu’est-ce que c’est ?

L’inventeur de l’expression a lui-même fait évoluer ce concept au fil de ses publications. A l’origine, cette notion, influencée par la sociologie, se définit comme « the participation by people in an activity system about which they share understandings about what they are doing and what that means for their lives and communities » (Lave et Wenger, 1991). Les CoP sont alors considérées comme des structures auto-organisées. Quelques années plus tard, les CoP seront plutôt vues comme des systèmes d’apprentissage sociaux formés de groupes de personnes qui partagent une préoccupation à propos d’un sujet et qui approfondissent leurs connaissances et leur expertise dans ce domaine. Le concept est alors utilisé par Wenger pour réfléchir à la manière dont la connaissance est créée et comment elle circule à l’intérieur d’un groupe de personnes. C’est à partir de ce moment que ses publications vont avoir un fort impact sur le KM. En 2002, une notion importante est encore ajoutée par Wenger : les CoP doivent être des structures dirigées.

 

Les recherches de Bolisani et Scarso

Avant d’entamer leur propre revue systématique de la littérature[2], Bolisani et Scarso ont identifié deux autres travaux dans la même veine, celui des chercheurs Agrawal et Joshi (2011) et celui de Murillo (2011). Dans la première étude d’Agrawal et Joshi[3], il ressort clairement qu’il n’existe pas de définition consensuelle des CoP. Agrawal et Joshi concluent que les CoP sont des structures qui peuvent être créées intentionnellement et qu’elles sont employées pour favoriser l’apprentissage et les échanges de connaissances. Dans la seconde étude, Murillo[4] classe les publications concernant les CoP en deux grands groupes : d’une part, les scientifiques qui voient les CoP comme un phénomène spontané, des groupes autogérés et, d’autre part, ceux qui pensent qu’elles devraient être des structures dirigées.

 

Les résultats de Bolisani et Scarso

Selon l’étude de Bolisani et Scarso (2014), en 2012, les CoP restent un sujet populaire dans la documentation sur le KM.

Cette analyse chronologique des publications révèle que les premiers articles sont apparus autour de 2003, soit un an après la publication de Wenger et Al. (2002) et qu’un pic a été atteint en 2007 lorsque The Learning Organisation a publié une édition spéciale sur les CoP. (Tableau adapté et tiré de Bolisani et Scarso, 2014, p. 375)

Cette analyse chronologique des publications révèle que les premiers articles sont apparus autour de 2003, soit un an après la publication de Wenger et Al. (2002) et qu’un pic a été atteint en 2007 lorsque The Learning Organisation a publié une édition spéciale sur les CoP. (Tableau adapté et tiré de Bolisani et Scarso, 2014, p. 375)

Les deux chercheurs italiens tirent de nombreux constats de leur analyse de la littérature. On se perd d’ailleurs un peu dans cette pléthore de résultats.

Quelques résultats concernant les CoP obtenus par Bolisani et Scarso grâce à leur analyse systématique des revues spécialisées dans le KM.

Quelques résultats concernant les CoP obtenus par Bolisani et Scarso grâce à leur analyse systématique des revues spécialisées dans le KM.

Une vision domine au sein du KM : les CoP sont des structures organisationnelles qui peuvent être – et qui souvent doivent être – créées et cultivées. Bon nombre d’articles ont pour but de tirer certaines leçons qui pourraient être utiles aux managers souhaitant créer intentionnellement de nouvelles CoP dans leurs entreprises. Ce type de CoP est le plus répandu et le plus intéressant d’un point de vue pratique.

 

Les CoP sont des structures organisationnelles qui peuvent être – et qui souvent doivent être – créées et cultivées.

 

Mais la littérature sur le KM et les CoP se concentre aussi sur les communautés virtuelles. Celles-ci possèdent des caractéristiques particulières et leur gestion demande des approches spéciales.

Wenger reste une référence notamment en ce qui concerne sa définition des CoP. Malgré cela, un manque de consensus persiste en ce qui concerne les définitions et les applications de la notion de CoP. C’est la raison pour laquelle les auteurs suggèrent de s’entendre d’abord sur ce point. Pour y parvenir, ils proposent dans un premier temps de restreindre l’analyse à une catégorie particulière, par exemple les CoP créées intentionnellement au sein d’une organisation professionnelle. Cette suggestion est intéressante, mais elle introduit un biais important en écartant les autres types de CoP. En outre, avec les nombreux résultats auxquels ils sont parvenus à travers leur analyse systématique de la littérature, on déplore que Bolisani et Scarso, pourtant spécialistes du KM, ne proposent pas leur propre définition des CoP.

 

Un manque de consensus persiste en ce qui concerne les définitions et les applications de la notion de CoP.

 

Le KM et les CoP ont trop en commun pour que leur destin respectif ne soit pas étroitement lié : gestion, création, partage des connaissances, etc. Alors, à quand une définition claire et précise des communautés de pratique qui mettrait en lumière le rôle essentiel qu’elles jouent dans le domaine du KM ?

[1] Lave, J. and Wenger, E. (1991). Situated Learning: Legitimate Peripheral Participation, Cambridge University Press, Cambridge.

[2] BOLISANI, Ettore et SCARSO, Enrico (2014). The place of communities of practice in knowledge management studies: a critical review. Journal of Knowledge Management. 7 avril 2014. Vol. 18, n° 2, pp. 366-381. DOI 10.1108/JKM-07-2013-0277.

[3] AGRAWAL, A. and JOSHI, K.D. (2011). ‘‘A review of community of practice in organizations: key findings and emerging themes’’, Proceedings of the 44th HICSS, Kauai, Hawaii, 4-7 January.

[4] MURILLO, E. (2011). ‘‘Communities of practice in the business and organization studies literature’’, Information Research, Vol. 16 No. 1.

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