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Les centres d’artistes autogérés ont fleuri dans les années 70 au Canada. A Montréal, Denis Lessard, consultant en archivistique, auteur et artiste, s’est intéressé à leur gestion documentaire et a élaboré pour eux un plan de classification type.

En 2010, Denis Lessard réalise une étude dont l’objectif principal est le développement d’un plan de classification type pour les documents des centres d’artistes autogérés, afin que ces derniers améliorent leur gestion documentaire. Le texte de sa recherche a été conçu dans le cadre du cours Activités dirigées du programme de certificat en archivistique de l’Université de Montréal et a été publié dans la revue québécoise Archives en 2011-2012.

Avant de poursuivre, notons une divergence quant au vocabulaire utilisé. En effet, le terme classification est ici employé, alors que la tradition archivistique européenne lui préfère celui de classement.

De l’importance des archives des centres d’artistes autogérés

L’auteur souligne en préambule la pertinence des archives d’organisations artistiques. Elles sont effectivement inestimables pour une recherche efficace et une meilleure compréhension de l’histoire de l’art. Elles permettent également d’apprécier le contexte social dans lequel l’art a été délivré et de nous renseigner sur celles et ceux qui en sont à l’origine.

Les centres d’artistes autogérés sont des organismes à but non lucratif autogérés par des artistes, majoritairement, mais regroupent aussi critiques, conservateurs, historiens, programmateurs et gestionnaires, et apportent une contribution majeure au développement de l’art contemporain canadien. Il demeure par conséquent essentiel de conserver et diffuser ce patrimoine au risque de le perdre, puisqu’il ne se révèle pas prioritaire pour les musées.

Approche méthodologique

Une revue de littérature permet à l’auteur de constater qu’en archivistique les travaux spécifiques sur la classification en arts visuels sont absents, alors qu’en bibliothéconomie ce sujet a été largement traité. Plusieurs articles invoquent la nécessité de préserver ce genre d’archives et de former des réseaux de centralisation ou de repérage en arts visuels. Si en Irlande et en Grande-Bretagne il existe des structures dédiées, au Canada, cependant, les réseaux sont plus généraux.

Les données collectées grâce aux entrevues avec les coordinatrices des centres articule, Skol et Optica mettent en lumière notamment que chaque employé dispose de son propre système de classification, mais respecte la distinction entre documents de gestion et d’exploitation. De plus, les trois centres manquent d’espace pour ranger leurs documents actifs, l’accès aux documents historiques s’avère difficile et les conditions de conservation sur place sont à améliorer.

Concernant le versement de leurs archives historiques, seul Optica a procédé à un versement d’une partie de son patrimoine au Service des archives de l’Université de Concordia, et aucun des trois centre ne dispose d’un calendrier de conservation.

Dans la rubrique exploitation et diffusion, en 2009 et 2010, articule et Skol ont chacun accueilli en leur sein un collectif d’artistes pour des interventions et des projets mettant en scène les documents d’archives. Par ailleurs, en 2011, Denis Lessard s’est intéressé plus spécifiquement aux archives de Skol dans le cadre d’une performance. Le centre Optica quant à lui, avec l’intervention d’un historien, a mis en ligne une sélection de ses archives.

Les entrevues avec les trois archivistes spécialisés dans les fonds d’archives en arts visuels, nous apprennent que BAnQ possède un plan de classification flexible pour les fonds d’artistes, mais il ne concerne que les documents d’exploitation, et que l’acquisition de fonds de centres d’artistes autogérés serait envisageable seulement s’ils répondent aux critères d’acquisition.

L’Université de Concordia ne possède pas de plan de classification pour les fonds privés en arts visuels et son personnel s’inspire des pratiques courantes existantes. Par ailleurs, si son Service des archives ne refuse pas les fonds de centres d’artistes autogérés, il n’entreprend pas de recherche ni d’acquisition active, faute de ressources humaines, financières et matérielles.

Proposition d’un plan de classification type

Après avoir analysé les plans de classification de différents organismes apparentés puis ceux de fonds conservés à l’Université de Concordia, l’auteur estime que le plan type doit demeurer souple pour refléter l’état des documents lors d’un versement et être adaptable par chaque organisme. Il reconstitue ensuite un plan à partir de dix instruments proposant tous une classification par séries et sous-séries, choisissant celles qui lui semblent les plus courantes et les plus adéquates.

plan-de-classification

Il est intéressant de noter que le plan type élaboré (ci-dessus) envisage, avec ses séries par supports, une classification qui dissocie ces documents des activités de l’organisme, du contexte de création.

Formulation de recommandations

Denis Lessard conclut son texte en formulant quelques recommandations, notamment que le versement de ces fonds s’organise en un même lieu, que les procédures de traitement soient simplifiées et qu’un réseau canadien de repérage en arts visuels soit créé, afin de favoriser entre autres l’accès aux archives, et enfin qu’un guide de classification en arts visuels soit produit.

Bibliographie

LESSARD, Denis, 2011-2012. Classification des documents et conservation des archives en arts visuels : la problématique des centres d’artistes autogérés. Archives. Vol. 43, n° 1, 2011-2012, pp. 41-63. Disponible à l’adresse : http://www.archivistes.qc.ca/revuearchives/vol43_1/43_1_lessard.pdf

OPTICA, UN CENTRE D’ART CONTEMPORAIN. Optica [en ligne]. [Consulté en décembre 2016]. Disponible à l’adresse : http://www.optica.ca/index.php

CENTRE DES ARTS ACTUELS SKOL. Skol [en ligne]. [Consulté en décembre 2016]. Disponible à l’adresse : http://skol.ca/

 

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