Étiquettes

, , , , , , , , ,

Introduction 

On trouve un nombre considérable d’articles sur l’importance du Knowledge Management (KM) dans les grandes entreprises et les avantages certains que celles-ci peuvent en tirer. En effet, être capable de gérer les connaissances dans ce monde globalisé et ultra concurrentiel est un atout indéniable face aux différents concurrents.

Dans le contexte des petites et moyennes entreprises, plusieurs études existent également notamment sur les facteurs permettant une implémentation réussie du KM, ainsi que sur les bénéfices que cette pratique peut leur apporter.

C’est dans cette optique que l’article[1], dont je fais le compte-rendu ici, présente les résultats préliminaires d’une enquête effectuée auprès de 25 entreprises high-tech basées dans la région de Naples.

Contexte de l’enquête

Cette enquête a été réalisée au sein de l’East Naples hightech entreprise system (ENS). Il s’agit d’un réseau de 25 entreprises spécialisées dans le domaine de la haute technologie. Trois mille personnes font partie de ce réseau dont le chiffre d’affaire en 2008 avoisinait les 400 millions d’euros.

Le mécanisme de cet ENS est relativement simple : sur la base d’une opportunité de marché, un réseau d’entreprises à l’intérieur de cet ENS est créé et un coordinateur nommé afin de développer le projet. Il y a donc constamment des réseaux internes qui se forment et déforment au gré des différents projets en cours, ce qui rend la collaboration et le partage des informations cruciaux.

Méthodologie

 La méthodologie utilisée pour cette enquête se décline en cinq étapes :

  1. Définition des objectifs et élaboration d’une première version du questionnaire.
  1. Établissement d’un groupe de huit experts avec des compétences et des expériences professionnelles diverses afin de leur soumettre cette première version.
  1. Finalisation du questionnaire à partir des commentaires des experts.
  1. Test du questionnaire lors de 3 entretiens pilotes avec les entreprises faisant partie du corpus.
  1. Réalisation des entretiens avec au moins deux responsables de différents secteurs de l’entreprise interrogée. 18 entreprises sur les 25 que compte le réseau ont répondu aux questions.

Résultats

Tout d’abord, il apparaît que 83 % des entreprises interrogées ont mis en place un système de Knowledge Management.

Ensuite, le tableau ci-dessous indique les différentes formes prises par le KM dans les PME interrogées. Il s’agit donc d’outils simples convenant parfaitement aux entreprises de cette taille. L’importance des relations interpersonnelles est ainsi prouvée.

Featured image

Ce second tableau établit les barrières pouvant empêcher l’implémentation d’un système de KM. On constate ainsi que ce qui inquiète le moins les sondés est l’aspect technologique ainsi que la connaissance tacite, cette dernière pouvant être facilement échangée d’une manière informelle, grâce à la structure légère d’une PME.

Featured image

Ce dernier tableau décrit les informations que les PME sont prêtes à échanger au sein de ce réseau. Il apparaît que les entreprises sont soucieuses des éléments pouvant créer des opportunités de marchés. Le recrutement et la formation des nouveaux collaborateurs sont également des éléments que les sondés mettent en avant.

Featured image

Conclusions et recommandations

L’enquête effectuée a permis la recommandation d’axes de développement :

  • La gestion de la connaissance des marchés : un système KM doit améliorer les liens avec les clients en facilitant l’échange d’informations. De plus, il doit permettre la recherche d’informations sur les opportunités de marché.
  • La gestion de la connaissance des technologies : il s’agit d’un point central pour les PME travaillant dans la haute technologie. Les outils KM, lors de projets réalisés en commun, doivent être capables de gérer la circulation des informations importantes basées sur le savoir-faire et les aspects technologiques.
  • La gestion des connaissances relationnelles : dans le cadre de projets collaboratifs, la mise en place d’outils pour faciliter la communication au sein même du réseau est importante. Cependant, l’adoption de ces outils peut être freiné par le besoin de protéger son capital intellectuel et sa culture d’entreprise. Il y a donc un certain équilibre à trouver.

Commentaire

Comme le signale les auteurs, l’importance du KM dans les petites structures n’est pas suffisamment étudié et il existe un véritable vide à ce sujet dans la littérature spécialisée.

Cette étude part donc d’une excellente intention. Cependant, l’article issu des différentes investigations mériterait de mettre davantage en lumière les spécificités d’un KM dans une PME, au lieu de parfois simplement transposer les principes d’une grande entreprise.

Ajoutons tout de même qu’il est question ici d’un réseau de 25 PME regroupant 3’000 employés. On mélange ainsi le KM des PME et celui des grandes entreprises, ce qui est plutôt un axe intéressant.

Liens avec mon contexte professionnel

Je travaille dans une institution semi-privée dans le domaine de la culture composée d’une cinquantaine d’employés répartis sur quatre sites et qui reçoit des aides communales, cantonales et fédérales. Pour fonctionner, nous devons donc échanger et collaborer avec une multitude d’acteurs différents dans une gamme de métiers élargie.

L’inconvénient majeur est le budget nécessaire à la mise en place d’un KM allant au delà du recours à des outils de base que nous utilisons déjà. La direction subit des pressions sur ses dépenses de la part des différents organes de financement. De plus, celle-ci n’étant pas forcément sensible à la problématique KM, elle manque parfois d’une vision à long terme dans ce domaine. Finalement,  aucune opportunité ne se présente à elle afin de créer un réseau visant une économie de moyens tout en augmentant son efficacité.

[1] Evangelista, P, Esposito, E, Lauro, V and Raffa, M.(2010) “The Adoption of Knowledge Management Systems in Small Firms” Electronic Journal of Knowledge Management Volume 8 Issue 1 (pp33 – 42)