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Le sujet traité concerne un concept contemporain qui est en évolution significative depuis les années 90 sur le domaine des sciences de l’information : le knowledge management (gestion des connaissances). Cet article nous présente plus précisément la gestion des connaissances sociales et locales.

L’article écrit par Johanna Lahtinen, une doctorante finlandaise, a été publié dans le Journal of Information Science en 2013.

Mais avant tout, c’est quoi le KM ? La gestion des connaissances est l’ensemble des processus mis en place par une organisation afin de créer, capturer, gérer, partager et appliquer ses connaissances en vue d’atteindre ses objectifs stratégiques.

Pour moi le KM signifie «  l’union fait la force ! » – mais avec une vision sur le partage des connaissances.

La gestion des connaissances sociales et locales est un terme conçu par Gertler et Wolfe en 2004. L’idée était de promouvoir et d’encourager un état d’esprit régional afin d’augmenter le partage des connaissances et l’apprentissage collaboratif entre organisations pour favoriser l’innovation.

Cette étude de cas qualitative décrit la formation du partage des connaissances et d’apprentissage social en pratique dans un projet de planification d’une stratégie régionale pour favoriser l’innovation, effectuée dans une ville métropolitaine de Finlande en 2006-2007. C’est la première étude à décrire le partage et la création de connaissances dans un contexte régional dans le domaine des sciences de l’information.

Voici quelques approches sur le KM présentées dans l’article:

D’après Patriotta il distingue:

  • L’approche fondée sur les ressources – centralise les savoir-faire afin de produire de nouvelles connaissances
  • L’approche cognitive – accentue la perception et le sens-making
  • L’approche de la vision des connaissances – examine à travers la pratique
  • L’approche technoscientifique – suit les étapes de transformation de la connaissance jusqu’à son institutionnalisation

L’approche de Hutchins nous décrit une étude ethnographique des pratiques de travail d’une équipe de navigation maritime faite en 1995. Il perçoit l’activité de navigation comme un système de connaissances, ayant une organisation, des tâches à accomplir, un système de rôle et des équipements de soutien des activités. Il a constaté que «la connaissance est fortement tributaire à l’interaction des personnes, des ressources et des savoir-faire quotidien présent dans une situation particulière ».

D’après Nonaka et le modèle SECI, « la création des connaissances a lieu au moment où les connaissances tacites deviennent des connaissances explicites. »

La connaissance tacite est une connaissance personnelle, « qui réside dans la tête de l’individu » et qui ne peut pas toujours être articulée sous forme codée.

La connaissance explicite est une connaissance codifiée, qui est transmise dans un langage formel et structuré.

Voici quelques affirmations sur l’apprentissage social et sur les réseaux -inter organisationnels présentés dans l’article :

Huysman : l’apprentissage organisationnel relie les trois différents niveaux au sein d’une organisation: individuel, collectif et organisationnel.

Rutten : les experts occupent souvent simultanément plusieurs réseaux régionaux à la fois, et les réseaux appartiennent eux-mêmes à des réseaux plus larges.

Powell: un réseau est un lieu de développement de nouvelles innovations, là où les idées, les pensées et les savoir-faire des membres participants peuvent être partagés et testés.

Gerler et Wolfe : Les critères de réussite d’un processus de développement d’apprentissage social sont l’engagement d’acteurs clés et de leurs connaissances pour la planification de la stratégie.

Présentation de l’étude de cas :

Cette étude décrit la création d’un projet régional de planification de la stratégie d’innovation et se porte sur les situations où l’interaction et l’apprentissage ont eu lieu dans des groupes thématiques. Dans le processus, ont participé des organisations et des participants de domaines et d’expertises différentes afin de créer un terrain de connaissances commun et une conception de partage des objectifs et d’apprentissage social.

La création de la stratégie visait à l’amélioration des conditions des activités d’innovation des entreprises de la région, en établissant des connexions entre les différents acteurs de la région et en développant une cohésion culturelle.

Les données de recherche étaient constituées principalement des interviews des participants des groupes thématiques, des notes/memos et des documents de projet.

Dans les groupes thématiques, la connaissance a été partagée sous forme d’échange de documents et d’interaction entre participants.

Le faite de retrouver et de signaler les faiblesses des connaissances a été primordial pour essayer de comprendre l’avenir potentiel de la région durant l’étude de la stratégie. Dans la littérature, ce type de forme spécifique de connaissance s’appelle la connaissance d’auto-transcendance (self-transcending).

Les résultats tirés de l’échange des connaissances :

  • Spécification des défis et des objectifs
  • Filtrage et résumé des idées
  • Schématisation de mind-maps
  • Création de plan d’action concrétisé
  • Compréhension de sens commun et homogène

Points importants tirés de l’étude :

  • L’utilisation des connaissances dépasse les frontières organisationnelles
  • Le capital des connaissances d’une organisation n’est pas le seul point solide pour la création de pratiques d’apprentissage.
  • Le partage de leurs expériences et des connaissances tacites a été plus important que le partage d’information amenée par la documentation utilisée.

Les principaux résultats de l’échange des connaissances peuvent être discutés en termes de réseaux :

  • opérationnels pour avancer le travail
  • stratégique pour comprendre les défis à venir et la définition des objectifs
  • personnel pour favoriser le développement professionnel
    (Concept découvert par Ibarra et Hunter)

L’auteur de l’article, qui a d’ailleurs participé elle-même à la procédure de cette étude, a présenté les étapes d’une stratégie d’innovation régionale qui a mis en œuvre le concept du knowledge management – de la formation des groupes thématiques jusqu’à la formulation de plans d’action concret à l’aide du partage des connaissances entre diffèrent secteurs et de réseaux sociaux.

Lucie Petrelis

Référence : LAHTINEN, Johanna, 2013. Local social knowledge management: A case study of social learning and knowledge sharing across organizational boundaries. Journal of Information Science (Sage). October 2013 vol. 39(5): p. 661-675
Résumé disponible en ligne: http://jis.sagepub.com/content/39/5/661Local social knowledge management

Lien de la présentation:
https://recherchemid.files.wordpress.com/2014/12/local-social-knowledge-management.pptx