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Dans les quelques paragraphes qui suivent, j’aurai le plaisir de résumer le chapitre intitulé « Sciences de l’information et de la communication : cartographie d’une discipline » de Pascal Froissart, maître de conférences à l’université de Paris VIII, tiré de la 2e édition du livre de Science de l’information et de la communication : objets, savoirs, discipline de Stéphane Olivesi.

 

SIC : comment on est arrivé là ?

L’auteur de ce chapitre, Pascal Froissart, maître de conférences à l’université de Paris VIII, illustre[1] les jalons historiques de l’institutionnalisation des Sciences de l’information et de la communication en France en exploitant un éventail de données variées. Le domaine scientifique des SIC est, dès ses premiers balbutiements, étroitement lié aux domaines du journalisme, de la publicité et de la communication. Il arriva à s’en affranchir seulement en 1972, lorsque Jean Meyriat célébra le mariage scientifique définitif entre les sciences de l’information et de la communication grâce à la création du Comité des sciences de l’information et de la communication. Ce Comité céda sa place en 1978 à la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC) qui organisa la même année le premier colloque « INFORCOM » exclusivement dédié à la nouvelle discipline du SIC.

Les SIC en 2012 : on recrute !!!

Après avoir esquissé le parcours de la formation des SIC en France, Froissart analyse le nombre croissant des postes ouverts pour les maîtres de conférences et les professeurs en SIC par le Ministère entre 1980 et 2012. Si l’augmentation est très accentuée pour les maîtres de conférences, les professeurs profitent surtout d’un roulement du personnel lié aux départs à la retraite.

Froissart arrive à ce dernier constat grâce à l’analyse de la structure de la pyramide des âges des enseignants-chercheurs en SIC en 2012. La moyenne d’âge de 56 ans pour les enseignants-chercheurs en SIC permet de prévoir un recrutement d’ici à dix ans de 110 postes d’enseignants. Les SIC donc se portent très bien, ils recrutent avec régularité et sont bien loin de cesser de le faire !!!

SIC à table avec qui ?

Après avoir analysé les composantes des effectifs en SIC, Froissart nous accompagne à découvrir les liens entre les SIC et les autres disciplines grâce à l’analyse des postes de travail qui sont publiés par le Ministère au même moment dans plusieurs disciplines entre 1998 et 2011. L’analyse met en évidence que l’informatique, les arts et les sciences de l’éducation sont souvent associés aux SIC. Par contre, cette association s’est affaiblie après 2002. En effet, les SIC deviennent de plus en plus une discipline autonome et reconnue de la part des acteurs qui structurent le champ scientifique français.

La recherche et l’enseignement en SIC : un mariage problématique ?

Par la suite, Froissart analyse conjointement les données du Ministère et les publications des 300 chercheurs qui apparaissent dans l’Annuaire de la recherche en information et communication afin d’esquisser les thématiques scientifiques prioritaires en SIC pour la recherche et pour l’enseignement. En ce qui concerne l’enseignement, Froissart répertorie les matières les plus enseignées en ordre d’importance décroissant, par exemple,

  1.  les théories des SIC,
  2. les nouvelles technologies des SIC,
  3. les pratiques et les techniques d’expression,
  4. la communication.

En ce qui concerne la recherche, l’auteur cite les sujets de recherche suivant, en ordre d’importance décroissant

  1. les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC),
  2. l’analyse des discours,
  3. les théories des SIC,
  4. la communication d’entreprise,
  5. les approches sociopolitiques de la communication.

L’auteur remarque une divergence entre les thématiques de la recherche et celles de l’enseignement. 

Les enseignants-chercheurs en SIC bossent dur

Même si l’harmonisation entre la recherche et l’enseignement en SIC ne semble pas encore avoir tout à fait atteint un niveau satisfaisant, les pratiques professionnelles des enseignants-chercheurs en SIC montrent que ces divergences vont bientôt être balisées.

En effet l’analyse du nombre des publications en SIC suggère un profile type d’enseignant-chercheur très actif et capable d’inscrire une production scientifique (publications) quantitativement importante dans un parcours académique d’enseignement consolidé.

SIC et femmes toute une histoire…

Last but not least, le genre…

Il faut avouer que les données élaborées par Froissart ne montrent pas une discipline plus favorable aux femmes que les autres en termes d’insertion professionnelle. Toutefois, pour ce qui concerne les maîtres de conférence, la parité est presque atteinte. Hélas, pour les postes de professeurs la bataille est encore longue et n’est surtout pas encore gagnée.

Présence (%) des femmes parmi les enseignants-chercheurs en SIC (2012)
 

froissart

n = 781. Source : Ministère (DGRH A1-1). Traitement : P. Froissart, 2013.

En conclusion

En guise de conclusion, je salue le chapitre de Froissart avec plaisir et reconnaissance pour son analyse très rigoureuse des données quantitatives et qualitatives, exploitables à l’heure actuelle en France. Par ailleurs, l’auteur parvient très bien, à mon avis, à mettre en exergue les tendances significatives de cette discipline scientifique, c’est-à-dire :

  • Les SIC ont vécues et continueront à vivre pendant les prochaines années une forte augmentation de leurs effectifs, ce qui les amènera à occuper une place de plus en plus significative dans l’arène scientifique française.
  • Même si en SIC les champs de l’enseignement et celui de la recherche ne se recoupent pas toujours, les enseignants-chercheurs réussissent dans leur pratique professionnelle à trouver un sain équilibre entre leurs activités de recherche et d’enseignement.

De ce fait, la discipline est belle et bien mûre, la structure du parcours académiques en voie de consolidation définitive, et le futur, par conséquent, ne peut nous réserver que de merveilleuses surprises.

Un grand merci, donc, pour cet utile chapitre à Pascal Froissart.

Référence : FROISSART, Pascal, 2013. Sciences de l’information et de la communication : cartographie d’une discipline. In: OLIVESI, Stéphane (dir.). Sciences de l’information et de la communication : Objets, savoirs, discipline. Grenoble : PUG, pp. 269-294.

Mots-clés : Information Science, Froissart Pascal, Science de l’information, Science de l’information et de la communication, Enseignants-chercheurs, SIC

Lien vers la présentation : PrésentationHEG_FROISSART

[1] Les données concernent les postes de travail offerts par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les intitulés de postes publiés sur le Journal officiel et les bases de données de l’Annuaire de la recherche en sciences de l’information et de la communication par la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC) en 2002.