Jeudi 5 juin, un séminaire sur les Humanités numériques s’est tenu à la HEG, organisé dans le cadre du Master ID. À l’air du temps, un tweet wall a été affiché à côté de l’intervenant pour permettre au public présent ou absent de suivre en direct ce qui est publié sur Twitter grâce au hashtag #humanumID. Cet outil permettant de partager des commentaires, questions, réflexions et citations, nous avons décidé de retracer les premières deux conférences de ce séminaire à l’aide des tweets publiés.

Tout d’abord, Jean-Philippe Magué a fait une introduction aux Humanités numériques, ce qui a suscité le tweet suivant :

 

 

Disons en premier que le mot Humanité n’existe pas réellement en français, mais ce terme représente les sciences humaines et sociales (SHS). On parle donc souvent des Humanités numériques ou des Humanités digitales en référence au terme anglais, les Digital Humanities. Pour ce concept, il n’existe en ce moment aucun consensus sur sa définition exacte. Jean-Philippe Magué présente alors différentes tentatives de définitions pour donner une vision globale. De manière générale, on peut dire que les Humanités numériques concernent à la fois l’utilisation de technologies numériques dans les SHS ainsi que les approches SHS appliquées aux technologies numériques. Cependant, les Humanités numériques ne touchent pas uniquement à la méthodologie, mais vont au-delà de la recherche, comme en témoigne le tweet suivant :

 

 

C’est donc l’arrivée de l’ordinateur, du web, du numérique et des nouveaux outils qui a changé le rapport à la recherche et au savoir :

 

 

Cependant, on peut considérer les Humanités numériques comme une conséquence logique de l’arrivée dans l’âge numérique des SHS :

 

 

Après nous avoir présentés les trois ères des Humanités numériques, Jean-Philippe Magué insiste sur le bouleversement que l’âge numérique représente pour les SHS. C’est donc l’arrivée de l’ordinateur, du web, et des nouveaux outils qui amène une mutation du rapport au savoir, une mutation de la construction du savoir, ainsi qu’une mutation de la dissémination du savoir :

 

 

Pour nous, une question demeure: ces mutations évoquées semblent également devoir toucher les autres disciplines, les sciences dures. Cependant, les sciences dures n’ont jamais eu le besoin de redéfinir leurs disciplines à cause de méthodologies et approches changeantes. Pourquoi alors les SHS ressentent le besoin de créer ce concept des Humanités numériques ?

De notre point de vue, nous adhérons à la définition de Mark Marino, présenté par Jean-Philippe Magué :

A name that marks a moment of transition; the current name for humanities inquiry driven by or dependent on computers or digitally born objects of study; a temporary epithet for what will eventually be called merely Humanities. -Mark/Marino, University of Southern California, USA

Les Humanités numériques marquent un moment de transition qui va finalement être complètement intégrées dans les SHS.

Après cette tentative de définition, c’est au tour d’Enrico Natale, directeur d’infoclio.ch, un portail qui vise notamment à promouvoir le développement d’une infrastructure numérique pour les sciences historiques en Suisse, de nous parler des acteurs, réseaux de chercheurs et manifestations des DH.

 

 

Avant d’évoquer cela, M. Natale fait faire un saut dans le temps aux origines de l’informatique et des humanités numériques en Suisse. Il a commencé son voyage dans le temps par une série d’ordinateurs en Suisses, les Smaky et les premières souris. Le développement de périphériques d’ordinateurs est d’ailleurs une véritable success story suisse.

 

 

 

M. Natale poursuit sa présentation en spécifiant les manifestations sur les Humanités numériques en Suisse, notamment avec les manifestations appelées ThatCamp.

Originaire de la Silicon Valley, ce modèle de « non-conférences », c’est-à-dire dans lequel le programme n’est pas établit à l’avance mais décidé le 1er jour, a pour objectif d’aplatir les hiérarchies universitaires et de mélanger les compétences des participants. Une formule qui se prête tout à fait aux DH puisque le public de ces projets combine des professionnels ID, des informaticiens, des chercheurs en SHS et des acteurs de gestion de projet de recherche.

 

 

Après cet emballement, quelques laboratoires et projets sont présentés, chacun avec une approche différente des Humanités numériques. Pour certain, la culture du livre imprimé a longtemps dominé les autres médias qui se sont succédé. Mais avec le web, cette domination prend fin et représente donc une vision plus large et stable, une parenthèse parmi les différents supports d’information. On surnomme ce virement de la connaissance de l’imprimé vers le web, la « parenthèse de Gutenberg ».

 

 

L’intervenant évoque également d’autres points de vue, notamment celui du Centre des connaissances de l’Université de Zurich qui dénonce des attentes énormes de certains projets qualifiés d’utopiques. Il terminera sa présentation avec un Scoop qui cristallise les DH comme une discipline scientifique stable dans le temps : À partir de 2017, le FNS prépare des financements spécifiquement dans le domaine des DH ! Une bonne nouvelle qui offre à l’auditoire de quoi se réjouir pour la suite de ces projets nombreux et variés en Suisse !

 

Hervé Genton, Jasmin Hügi, Aurélie Vieux