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Voici la première véritable question à laquelle il faut prendre le temps de répondre avant d’assumer une fonction hiérarchique importante. Et c’est à cette question centrale que Marie Fuselier et Michèle Furer-Benedetti, respectivement directrice et adjointe scientifique des bibliothèques de l’Université de Genève, ont livré quelques éléments de réponses lors du cours consacré à la prise de fonction qu’elles ont donné aux étudiants du Master en Information documentaire à la HEG de Genève le jeudi 15 mai 2014. Toutes deux ont essentiellement centré leur intervention sur la dimension humaine d’une nouvelle prise de fonction. Nous avons voulu dans ce billet présenter quelques éléments de leur propos qui nous ont particulièrement interpellées.

Selon l’approche présentée, la prise de fonction commence, avant même d’endosser le rôle de dirigeant, par une introspection. Trois questions viennent alors se poser :

Le manager Source: DURAND, Gilles. Prendre une fonction de manager. Paris : INSEP Consulting, 2003.

Suis-je un “spécialiste”, qui dispose d’une expertise avancée dans le domaine d’activité concerné ? ou

Suis-je un “gestionnaire”, soucieux et attentif à la bonne mise en œuvre de l’activité ? ou

Suis-je un “leader”, porteur d’une vision, et capable de rallier à sa cause les plus récalcitrants ?

Si ce questionnement est indispensable, ce n’est pas pour se ranger définitivement dans une catégorie. D’une part, parce que tout bon responsable doit intégrer ces trois dimensions du management afin de viser à la performance. D’autre part, parce que le profil et la personnalité du manager sont amenés à évoluer au fil du temps, des fonctions et des situations quotidiennes. Mais s’il convient de se questionner c’est précisément parce qu’il importe d’analyser la fonction managériale avant de s’en emparer. Or, une fonction managériale a toujours deux aspects: la dimension professionnelle et la dimension individuelle.

Cette simple interrogation permet donc de situer plusieurs éléments :
vers quoi me porte plus particulièrement ma personnalité, mon parcours, mon expérience ? Quel est le style de manager dont a besoin l’organisation et son équipe ? Et, en fonction de cela, quelle qualité dois-je mettre en avant pour occuper au mieux cette place ? Enfin, quelle est ma capacité à assumer ces différents rôles dans les situations qui m’attendent ?

En effet, la fonction de manager consiste à passer d’un rôle à l’autre et pour cela, il faut être capable d’analyser et d’adapter son style de management à son environnement.

Être manager, c’est  donc être capable d’observer, d’écouter et de ressentir pour endosser un rôle ; car comme Marie Fuselier l’a fait remarquer “manager, c’est aussi faire un peu de théâtre” et il s’agit donc bien d”habiter ce rôle”.

La dimension humaine des fonctions dirigeantes tient aussi dans l’importance qu’y occupent les relations interpersonnelles. Dans celles-ci, la communication joue un rôle essentiel et c’est un outil qu’il faut être en mesure de maîtriser. Endosser le rôle de manager c’est donc aussi connaître le bon canal de communication à adopter selon le type de personnalité de ses interlocuteurs. A ce propos, c’est à l’aide d’un exemple très vivant que Michèle Furer-Benedetti nous a présenté la Process Com, méthode qui, suite à un peu d’introspection et de réflexion, permet d’identifier le type de communication qui convient le mieux à la situation et aux personnes auxquelles on s’adresse. Nous vous invitons à découvrir à votre tour cette méthode en vous rendant sur la page http://cafecom-rouen-processcom.blogspot.ch/

Pour résumer, si les outils pour nous aider dans notre tâche de manager existent et sont indispensables, il s’agit avant tout de se connaître, d’être à l’écoute de son environnement et de savoir s’y adapter. Pour reprendre une expression de Marie Fuselier, il faut  “sortir sa boîte à outils […]  et adapter son style de management”.

 

Lucia Caro, Valérie Ottesen, Fabienne Samoullier Egger