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Que cela soit entre amis, en famille ou au travail, quand il s’agit de parler de nos activités d’archiviste ou de bibliothécaire, les personnes ignorent souvent ce que nous faisons réellement et nous demandent si celles-ci sont vraiment intéressantes. Ces questionnements existent bel et bien, en témoigne un billet du blog de Michel Roberge, archiviste québécois, qui a retranscrit quelques interrogations originales (Roberge, 2010).
rebut de soirée 2(Image tirée du blog de Melle Salt : Sometimes, you’re the salt in my coffee )

Motivés par la représentation que s’est créée la société sur la profession d’archiviste et bibliothécaire, nous avons décidé de creuser cette thématique.

Ainsi, selon notre état de l’art, très peu d’études ont été effectuées sur ce sujet et celles qui ont été menées n’ont en général aucune base scientifique. Par ailleurs, à notre connaissance, aucune recherche de ce type ne s’est déroulée en Suisse.

Dès lors, personne ne sait comment sont représentés les archivistes et les bibliothécaires en Suisse et notamment en Suisse romande. Cette constatation est alarmante car :

  • La représentation que la société se fait d’une profession a un impact profond sur son identité.
  • Les gains en jeu sont le respect et la reconnaissance, qui vont ensuite créer une image positive de la profession auprès de la société et de l’organisme dans lequel s’inscrit le service d’archives ou la bibliothèque.
  • Cette image aura ensuite un impact sur les ressources allouées pour soutenir les activités de l’archiviste et du bibliothécaire (ALDRED, Tania, BURR, Gordon, PARK, Eun. Crossing a librarian with a historian : the image of reel archivists. Archivaria, 2008, vol. 66, no. Fall, p. 60). En prenant l’exemple archivistique, David Gracy II indique que les services d’archives continueront à être sous-financés tant que la société n’aura pas une idée claire de ce que font les archivistes (Gracy II, 1984, cité par SCHMULAND, Arlene. The archival image in fiction : an analysis and annotated bibliography. The American Archivist, 1999, vol. 62, no. 1, p. 25).

Les archivistes et les bibliothécaires travaillant en Suisse ont besoin de ce type de recherche pour pouvoir exercer leur profession avec les ressources nécessaires et surtout pour atteindre les visions qu’ils souhaitent atteindre. Nous proposons donc de faire un premier pas, en soumettant ce projet qui a pour but :

  • D’analyser la représentation des professions d’archiviste et de bibliothécaire dans les quotidiens romands de 2007 à 2010.
  • De comparer les résultats obtenus entre la représentation de la profession d’archiviste et la profession de bibliothécaire.

Pour y parvenir, nous tenterons de répondre aux questions de recherche suivantes :

  1. Qu’elle est la fréquence d’articles publiés par les quotidiens romands sur la profession d’archiviste et de bibliothécaire sur la période 2007-2010 ?
  2. Sur la période 2007-2010, est-ce que les articles publiés par les quotidiens romands présentent la profession d’archiviste et de bibliothécaire de manière positive ou négative ?
  3. Est-ce que les articles publiés par les quotidiens romands sur la période 2007-2010 sur la profession d’archiviste et de bibliothécaire traitent également des nouvelles technologies et pratiques ?
  4. Est-ce que la représentation de la profession d’archiviste et la représentation de la profession de bibliothécaire dans les quotidiens romands sur la période 2007-2010 est similaire ou différente ?

Ce projet représente une étude exploratoire. Il s’agit donc d’une thématique qui a encore peu été traitée au niveau international et à notre connaissance pas du tout au niveau Suisse. De plus, nous ne pouvons pas prédire les résultats que nous obtiendrons.

Nous avons choisi d’analyser la représentation de la profession d’archiviste et de bibliothécaire dans les médias, car :

« Dans les sociétés occidentales modernes, ce sont avant tout les médias qui véhiculent l’information et souvent même la connaissance. Ils deviennent ainsi des indicateurs de la vie sociale. Il existe donc une relation étroite entre les nouvelles diffusées par les médias et la formation de l’opinion publique. Cependant, même si les médias influencent les opinions publiques, ils essaient également de s’y référer […]. » (MARC, Xavier, TCHERNIA, Jean-François. Étudier l’opinion. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 2007, p. 113).

De plus,

« Ce sont avant tout les médias qui véhiculent l’information et souvent même la connaissance. Ils deviennent ainsi des indicateurs de la vie sociale. »
(FODOR, Ferenc. Des médias aux films de fiction : l’approche sémiologique dans l’étude de l’opinion publique. In : MARC, Xavier, TCHERNIA, Jean-François. Étudier l’opinion. Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 2007, p. 113).

Nous avons optés pour l’analyse de contenu car

« Au sens général, toute démarche de connaissance du social requiert des opérations d’analyse du contenu. Il s’agit d’un passage obligé. »
(SABOURIN, Paul. L’analyse de contenu. In : GAUTHIER, Benoît. Recherche sociale : de la problématique à la collecte des données. 5e éd. Québec : Presses de l’Université du Québec, 2009. p. 415)

L’analyse de contenu dans la presse nous permet d’être exhaustif et de simplifier les recherches. En effet, grâce aux bases de données, il est possible de réunir un corpus exhaustif et d’effectuer des recherches plein-texte avec des mots-clés. Dans ce but, nous avons sélectionné la méthode d’analyse Morin Chartier. Cette dernière est utilisée à l’Université du Québec à Montréal pour analyser les discours dans la presse. « Issue de la recherche scientifique, elle vise à discerner l’impact de l’information véhiculée par les médias dans l’opinion publique en scrutant tant sa quantité que sa qualité » (LERAY, Christian. L’analyse de contenu : de la théorie à la pratique : la méthode Morin-Chartier. Québec : Presses de l’Université du Québec, 2008, p. 16). Plusieurs travaux de recherche ont déjà démontré sa validité.

Gregory Nobs et Livia Schweizer

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